
Avec la montée des préoccupations écologiques, de nombreuses entreprises cherchent à se positionner comme éco-responsables. Cependant, certaines utilisent le greenwashing – ou écoblanchiment – pour véhiculer une image verte trompeuse sans mettre en œuvre de véritables actions en faveur de l’environnement.
Qu’est-ce que le Greenwashing ?
Le greenwashing est une stratégie marketing qui consiste à exagérer ou falsifier l’impact écologique des produits ou services proposés. Cette pratique est présente dans des secteurs variés comme l’énergie, la mode, la finance, et l’automobile. Elle peut se manifester de différentes manières : par exemple, en apposant des logos « verts » non certifiés, en utilisant des termes vagues comme « bio » ou « durable », ou encore en minimisant les impacts environnementaux négatifs d’une activité.
Techniques Courantes de Greenwashing
- Greenlabelling : Utilisation abusive de symboles naturels.
- Greenhushing : Taire volontairement ses actions environnementales.
- Greenshifting : Rejeter la responsabilité sur les consommateurs.
- Greenlighting : Mettre en avant des initiatives mineures pour masquer des impacts négatifs.
- Greenrinsing : multiplier et/ou modifier fréquemment les engagements écologiques pour semer la confusion.
Réglementations et Sanctions
L’Union Européenne et la France ont mis en place des lois pour limiter ces pratiques. La directive européenne 2005/29/CE, appelée Directive sur les pratiques commerciales déloyales (DPCD), encadre les allégations environnementales trompeuses. En 2023, des amendements ont été adoptés pour renforcer la DPCD. Les entreprises violant cette directive peuvent faire face à des sanctions financières lourdes. La directive vise également à améliorer la transparence des entreprises et à encourager l’utilisation de labels certifiés. Les nouvelles dispositions devront être intégrées par tous les pays de l’UE d’ici 2026, ce qui laissera aux entreprises un délai pour s’adapter aux nouvelles exigences et éviter les pratiques de greenwashing.
En France, les lois AGEC (2020) et Climat et Résilience (2021) renforcent la réglementation sur les communications écologiques. Les entreprises doivent désormais prouver leurs engagements avec des données vérifiables.
En Amérique du Nord, le Canada dispose d’un cadre légal contre le greenwashing reposant principalement sur les lois de protection des consommateurs. En 2024, le gouvernement canadien a adopté de nouvelles mesures pour lutter contre le greenwashing. Son projet de loi C-59, intitulé « Loi no 1 d’exécution du budget de 2023 » vise à renforcer la réglementation contre l’écoblanchiment et à protéger les consommateurs tout en encourageant les entreprises réellement responsables à poursuivre leurs efforts de durabilité. Le projet de loi propose la création d’une entité de surveillance ou le renforcement du pouvoir des entités déjà existantes et qui pourront désormais mener des enquêtes et imposer des sanctions à partir de juin 2025.
Aux États-Unis, la Federal Trade Commission (FTC) et la Securities and Exchange Commission (SEC) encadrent le greenwashing à travers ses Green Guides qui visent à clarifier les allégations environnementales en marketing. La SEC, de son côté, surveille les investissements ESG et a récemment imposé des amendes pour non-respect de ces engagements.
En Afrique, la lutte contre le greenwashing varie considérablement d’un pays à l’autre en raison de l’absence d’un cadre juridique harmonisé sur l’ensemble du continent. Cependant, l’Afrique du Sud se distingue en ayant pris des mesures importantes. Par exemple, son régulateur publicitaire, la South African Advertising Regulatory Board (ARB) a récemment condamné TotalEnergies pour des allégations environnementales trompeuses, soulignant une volonté croissante de sanctionner le greenwashing.
Ces régulations montrent une évolution vers une standardisation plus stricte, cherchant à limiter l’usage abusif d’arguments « verts » dans les communications marketing. La priorité est donnée à une vérification indépendante des allégations environnementales et à la fourniture de données fiables et comparables aux consommateurs.
Lors des récentes COP, le sujet du greenwashing est devenu une préoccupation majeure. La COP28 a abordé le greenwashing en appelant à une meilleure réglementation des déclarations écologiques des entreprises et à une plus grande transparence. La nécessité de fixer des normes internationales pour contrer le greenwashing et l’objectif de réduire les émissions authentiques d’ici 2030 ont également été soulignés.
Le greenwashing a un impact négatif sur les consommateurs et les entreprises : perte de confiance, démotivation des employés, litiges juridiques et baisse de la crédibilité. Pour y remédier, les entreprises doivent adopter des stratégies transparentes, fournir des preuves de leurs actions et aligner leurs discours avec des pratiques concrètes.
À une époque où les enjeux climatiques sont cruciaux, les entreprises ont intérêt à privilégier des pratiques authentiques et éthiques. Cette approche permettra non seulement de renforcer leur image de marque, mais aussi de contribuer réellement à un avenir durable.

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